Le public s’adresse au CSA quand il souhaite réagir à des faits qui l’interpellent dans le champ de l’audiovisuel : un programme jugé inadapté aux enfants, des propos qui dérangent, une publicité qui indigne… Nombreux sont les motifs de plaintes auprès de notre institution. En 2017, ils ont été plus nombreux encore que par le passé puisque le Secrétariat d’instruction a enregistré près de 400 plaintes, soit une augmentation de près de 150% en un an !

Comment analyser ces chiffres : sont-ils le baromètre d’une dégradation des pratiques dans le secteur ? L’indicateur d’une meilleure visibilité du CSA auprès du public ? Que mettent-ils en lumière dans les pratiques qu’ils dénoncent mais aussi dans la manière dont les citoyen.ne.s s’adressent à nous ?

Le Secrétariat d’instruction propose d’exposer et de décoder ces chiffres, et d’en tirer un bilan des enjeux qu’ils posent pour la régulation.

 

Les plaintes 2017 en chiffres

 

Pour déposer plainte, le public s’adresse au CSA généralement par le biais du formulaire en ligne disponible sur notre site internet (csa.be/plainte). La plainte est traitée en toute indépendance par le Secrétariat d’instruction du CSA (SI) qui vérifie d’abord sa recevabilité et qui instruit lorsqu’il identifie des indices d’infraction à la législation audiovisuelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le SI peut aussi s’ « autosaisir » lorsqu’il a connaissance d’une pratique qui lui pose question.

 

Des plaintes nombreuses et en augmentation

 

Entre 2015 et 2017, le nombre de plaintes adressées au CSA a nettement augmenté. En un an, elles sont passées de 161 à 392, soit une augmentation de 143%.

 

 

210 dossiers ont été ouverts en 2017 sur base de plaintes (sachant qu’un même dossier peut être ouvert sur base de plusieurs plaintes portant sur le même sujet), contre 144 en 2016.

 

Le phénomène des plaintes multiples

 

Le différentiel moins grand entre le nombre de plaintes et le nombre de dossiers ouverts d’une année sur l’autre s’explique par le phénomène des plaintes multiples sur un même sujet, qui s’est nettement affirmé en 2017. Par exemple, la séquence de l’émission « Touche pas à mon poste » (C8) où l’animateur « piégeait » à l’antenne des homosexuels a généré 86 plaintes (elles ont été transférées au CSA français compétent pour se prononcer sur C8). D’autres sujets ont également donné lieu à des réactions fortes et nombreuses de la part du public.

 

La TV reste le premier média visé par les plaintes

Les plaintes visent en très grande majorité la télévision et, dans une moindre mesure, la radio.

Si les plaintes visant des services édités sur Internet restent relativement peu nombreuses au regard de l’évolution des modes de consommation, elles sont toutefois en augmentation constante au cours de ces dernières années.

Les plaintes irrecevables concernent soit des services édités hors Fédération Wallonie-Bruxelles (Netflix, chaînes YouTube françaises) soit des services qui ne peuvent être qualifiés de services de médias audiovisuels au regard de leur contenu (par exemple des pages Facebook dont le contenu est principalement écrit). Les plaintes recevables visent les services de média audiovisuels de la Fédération Wallonie-Bruxelles édités sur Internet, comme Auvio (RTBF).

 

Les plus gros acteurs sont les plus touchés par les plaintes

 

En télévision, de très nombreuses plaintes visent les chaînes françaises, que l’on sait très regardées par le public belge francophone (33,1% de part de marché en 2016 selon le CIM). Les deux plus gros acteurs de notre secteur, à savoir RTL et la RTBF, sont visés quasiment à part égale.

L’émission TV ayant fait le plus réagir les téléspectateurs en 2017 est « Touche pas à mon poste », diffusé sur C8 et, en tout ou partie, sur Plug RTL. 90 plaintes ont été déposées, visant 5 émissions différentes.

En radio, la moitié des plaintes visent les services de la RTBF. Les autres radios concernées sont essentiellement celles des groupes RTL et NRJ-Nostalgie.

L’émission de radio ayant fait le plus réagir les auditeurs est « C’est vous qui le dites » diffusée sur Vivacité (RTBF) avec 16 plaintes visant 12 émissions différentes.

 

Les discriminations et le respect de l’égalité entre femmes et hommes au cœur des préoccupations du public

 

Depuis plusieurs années déjà, les limites à la liberté d’expression constituent le premier sujet des plaintes déposées au CSA. On entend par là les questions portant sur le respect de la dignité humaine, ainsi que sur l’interdiction de l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination. En juillet 2016, le respect de l’égalité entre les femmes et les hommes a fait son apparition dans la législation parmi les valeurs fondamentales que doivent respecter tant les programmes que la communication commerciale. Dès la première année d’application, la question du respect de l’égalité entre femmes et hommes a suscité 40 plaintes et s’est hissé au 2ème rang des préoccupations du public.